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Tenté.es par le Tantra : réponses à 12 questions les plus couramment poséees

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Qu’est-ce que le tantra, art de vivre, art d’aimer qui passe par l’ouverture du cœur ? Pourquoi dit-on qu’il relie la sexualité au sacré ? Pour expliquer ce principe de vie millénaire, Nathalie Giraud Desforges s'est prêtée au jeu des questions-réponses. C'est en tant que sexothérapeute, thérapeute de couple, animatrice de stages Tantra et la fondatrice de Piment Rose qu'elle donne son éclairage qui n'engage qu'elle !

1. Qu’est-ce que le tantra ?

Le tantra est un enseignement issu de l’hindouisme et du bouddhisme qui remonte au IVe siècle de notre ère. En s’appuyant notamment sur l’énergie sexuelle, ses pratiquants cherchaient à unir l’homme et le divin. Aujourd’hui, le tantra s’inscrit dans une quête de sens. Il s’agit d’accéder à une sexualité de pleine conscience qui dépasse la simple performance pour combler l’être physiquement, intellectuellement et humainement. Cette recherche d’Unité est dans l’étymologie même du mot. Tantra, en sanskrit, veut dire « trame, chaîne de tissu ». Sa racine, « Tan », signifie « étendre, continuer, multiplier ». D’où l’idée d’un tissage entre l’homme et le divin pour former un Tout.

Comme la trame et la chaîne en s’unissant forment le tissu, le tantra nous invite à relier le corps et l’esprit. Cette notion de tissage me paraît importante. Lorsqu’un fil se rompt, le tissu se troue. Dans les stages de tantra que j’anime, nous travaillons sur la pérennité de ce tissage. En utilisant l’énergie sexuelle, nous permettons au corps et à l’esprit de ne faire qu’UN. Et cette approche de la sexualité sous l’angle du sacré est vraiment fructueuse. Faire l’amour en étant pleinement relié à l’autre et connecté à ses propres ressentis procure une extraordinaire sensation d’harmonie.

2. Pourquoi vient-on au Tantra ?

On y vient parce que l’on en a entendu parler et parce que l’on souhaite une sexualité plus harmonieuse. Ou parce que l’on veut découvrir les massages. Il y a aussi les curieux, les personnes qui cherchent à aller mieux dans leur couple, qui veulent devenir un meilleur amant ou amante. On vient parce que l’on sait que le tantra a un rapport avec la sexualité, alors on franchit le pas pour « faire des trucs qui durent plus longtemps avec sa partenaire »… Il y a vraiment de très nombreux publics.

3. À qui est-il destiné : aux couples, aux célibataires ?

Le tantra est destiné à tous ceux qui veulent s’engager dans une meilleure connaissance d’eux-mêmes, de leur corps, de leurs limites et leurs peurs, à tous ceux et celles engagé.es sur le chemin de l'exploration de leur dualité, de leurs parts lumineuses comme plus sombres. Il s’adresse ceux qui disent : « quand je m’unis à l’autre, cela va au-delà d’une secousse » et veulent donner un sens au plaisir et à leur sexualité Ces personnes vont prendre conscience d’une extase qui les dépasse, qui est plus grande qu’eux. Nos stages accueillent des personnes venant seules ou en couple, soit qu’elles n’aient pas de conjoint, soit que celui-ci ne veuille pas venir. Mais le couple doit bien s’entendre. Venir en espérant resserrer des liens distendus c’est s’exposer à des résultats ravageurs. La découverte du tantra accentue les différences. Au final, c’est comme si le couple était passé à la machine à laver avec un programme intensif et un essorage à 1 400 tours ! Il faut donc savoir prendre son temps, ne pas céder à la mode. Il est important de savoir pourquoi on le fait et de se sentir prêt. Si on arrive à reculons pour faire plaisir à son conjoint, il est fort probable que l’on en veuille à l’autre ensuite.

4. Quel est l’âge moyen des stagiaires, s’agit-il plus d’hommes que de femmes ?

Je vois peu de jeunes de 20 ans. Ceux-ci ne sont généralement pas encore intéressés par la voie du développement personnel. Les personnes qui fréquent nos stages ont plutôt entre 30 et 60 ans. Ce sont autant des hommes que des femmes. Et ces dernières viennent plutôt en curieuses. Pour enfourcher gaiement les stéréotypes, disons que, le fait de parler d’énergie sexuelle à propos du tantra attire les hommes ! Et que les discours à propos de l’ouverture de cœur parlent aux femmes ! Je vois aussi des hommes et des femmes à la sexualité abîmée. Mais, quel que soit le public, celui ou celle qui vient doit être dans l’acceptation inconditionnelle de l’autre et de ce qu’il est.

5. Comment apprend-on le tantra ?

Apprendre le tantra ce n’est pas s’asseoir sur une chaise, un stylo à la main et un cahier sur les genoux. C’est un apprentissage qui sollicite le corps en laissant le mental de côté. Il passe par un travail sur le souffle, le mouvement, le son. On bouge beaucoup ! Nous nous appuyons sur la danse, car le corps qui bouge, c’est le corps qui vit. Sur la méditation active, dynamique, grâce à laquelle le corps prend le pas sur la tête ! Nous travaillons chaque centre énergétique, les 7 chakras, car chacun porte en lui une mémoire, une énergie particulière qu’il faut faire circuler en soi et vers l’autre. Ce que l’on appelle la montée de la Kundalini, représenté par l’image d’un serpent lové dans le sacrum et qui se déroule dans la montée énergétique. Nous travaillons également sur le massage, le rapport au corps, aux sensations et sur le choix. Par exemple, quand je touche : est-ce que je prends ou est-ce que je donne ? Quelle est ma position ? Cette prise de conscience est un axe majeur du stage.

6. L’apprentissage est-il long, difficile ?

Déconnecter le mental et se reconnecter à ses sensations, dans nos sociétés modernes ce n’est pas si facile. S’ancrer dans la réalité, être « ici et maintenant », dans le moment présent et pas dans la projection c’est compliqué. Mais le tantra exige de se débarrasser de ses tourbillons de pensées. Après, chacun avance à son rythme ! Le tantra est un apprentissage, pas une leçon. On apprend des techniques de respiration, de massage, de méditation. On expérimente, on observe ce qui peut se mettre en place et va nous permettre de nous transformer. Certaines personnes tombent dedans comme dans la potion d’Obélix. D’autres resteront spectatrices sans arriver à lâcher le mental. Le tantra est une invitation à explorer toutes les protections que l’on met en place pour ne pas sentir. Ça ne s’apprend pas ! Le travail porte beaucoup sur la capacité de chacun à poser ses limites, ses choix. Nous leur faisons découvrir qu’ils peuvent passer d’une position de soumission : « je subis », à une position d’action : « je suis acteur ». Cela les fait rentrer dans des zones d’inconfort qu’il faut accepter de bousculer pour, une fois ces barrières franchies, réparer ce qui doit l’être. En somme, on vient avec ses certitudes, on repart avec moins de certitudes !

7. Est-ce qu’il faut être nu pour faire un stage ?

Se dépouiller de ses vêtements qui sont là pour nous protéger des éléments comme du regard des autres, c’est peut-être le plus difficile. C’est pourquoi la nudité au moment du massage est une option dans mes stages de tantra. Elle n’est jamais obligatoire. Elle doit venir naturellement lorsque les stagiaires ont le sentiment que le cadre est suffisamment sécurisant, lorsqu’ils ne craignent plus le jugement. Même si je pose comme préalable au début du stage qu’il n’y a pas de jugement. Certains stagiaires restent habillés jusqu’au bout, d’autres non. C’est un choix éminemment respectable. La nudité est une option, une progression, ce n’est jamais une obligation ! Mais on ne passe pas le stage tout nu. On n’est pas dans un camp de naturistes !

8. Pourquoi faut-il passer par des stages de groupe ?

Parce que l’apprentissage du tantra s’appuie sur l’énergie du groupe. Elle est bénéfique pour se voir tel que l’on est et accepter l’autre tel qu’il est. Après, les stages peuvent durer une soirée. Le temps d’une découverte, d’une initiation. Pour ceux qui connaissent, ils permettent de se reconnecter au mouvement, au souffle, au son. Ils peuvent aussi durer le temps d’un weekend, plusieurs jours pour une expérience plus profonde.

9. Comment se passe un stage de tantra ?

Nous commençons par une prise de parole permettant à chacun de se présenter et de présenter ses attentes. Et puis il y a une étape de méditation active, la présentation des rituels. Le partage des repas est également une occasion de travailler son rapport aux autres. Quant aux temps de massages, ils arrivent plus tard, on ne commence pas par là. D’autant qu’il faut accepter de se faire masser par des personnes que l’on ne connaît pas. Au cours du stage, nous permettons aux stagiaires de prendre conscience de l’énergie qui est dans leur corps et de l’endroit où elle peut être bloquée. Tout un travail de « détricotage » des peurs et des croyances limitantes.

10. Comment savoir si les « professeurs » sont fiables ?

Je recommande à toutes les personnes intéressées de visiter les sites, de lire les pages de blogueurs relatant leur expérience. J’ai moi-même répondu à plusieurs interviews, créé une section « Découverte Tantra » sur mon site Piment Rose où je parle de mon expérience et de mes propositions de stages. Je retournerais d’ailleurs la question : comment savoir si mon « élève » est sérieux, motivé et pas tout simplement exhibitionniste, voyeur ou prédateur ?

Donc, un bon stage commence par un entretien téléphonique qui permet aux deux parties de savoir à qui elles ont affaire. Les questions doivent se poser de part et d’autre et les réponses être claires ! Il n’y a pas de bon stage sans une confiance réciproque entre l’animateur et son stagiaire. Quant à la confidentialité, c’est une règle de base. Nous ne faisons pas signer de document mais il va de soi que ce qui est dit et vu en stage doit rester là où cela a été dit et vu. Mais parler de son ressenti est ok !

Nous demandons aussi à nos stagiaires de s’engager à respecter nos consignes. Le respect de soi et de l’autre est un principe vraiment intangible. Il n’y a pas non plus de relations sexuelles lors des stages. 11. Pourquoi parle-t-on de plus en plus de sexualité tantrique ? C’est une voie de développement personnel au même titre que d’autres. Cette pratique a ré-émergé lorsque des féminins ont commencé à s’intéresser au plaisir, au travail sur le corps.

Des livres sont sortis sur le sujet, des magazines leur ont consacré de longs articles comme Psychologie Magazine, Inexploré, Nouvelles Clés, L’express, etc. Beaucoup de coachs, de thérapeutes s’y sont intéressés également et sont venus faire des stages enrichissant ainsi leur pratique, médicale ou thérapeutique.

12. Y a – t-il des livres utiles à lire ?

Oui. Je dirais « Osez le sexe tantrique » de Michèle Larue, « L’art de l’extase sexuelle » de Margot Anand, « Tantra, spiritualité et sexe» d’Osho, « L’homme Tout » de Gérard Longuet et Sylvie Carrelet, « L’amant tantrique » de Jacques Ferber, « Tous les chemins mènent à l’homme » de Jacques Lucas et « Faire l’amour de façon divine » de Barry Long pour n’en citer que quelques-uns.